35ème fête de la musique en RDC, Hommage et rayonnement!

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La fête de la musique 2016 s’est déroulée dans un contexte particulier, deux mois après le décès de l’icône de la musique africaine Papa Wemba lors du festival des musiques urbaines d’Abidjan. La disparition du « Roi de la Rumba » et du « Pape de la sape » a profondément marqué la population congolaise.

Cette disparition a eu un écho international particulièrement marqué sur le continent africain. Ainsi, le 17 juin 2016, soit 4 jours avant la Fête de la musique, les Ministres de la Jeunesse, des Sports et de la Culture des pays membres de l’Union Africaine réunis à Addis Abeba, ont décrété la date du 24 avril (jour du décès de Papa Wemba), « Journée africaine de la musique ».
Le décès de la star est intervenu 4 mois après que la ville de Kinshasa fut admise, le 11 décembre 2015, dans le réseau des villes créative de l’UNESCO pour sa contribution au secteur de la musique. Le rôle artistique de musiciens comme Kabasele, Wendo Kolosoy puis plus tard Franco Luambo Makiadi, Tabu Ley Rochereau et Papa Wemba, fut essentiel dans ce processus de reconnaissance.
Kinshasa se présente en effet comme une ville carrefour, un berceau de la rumba congolaise issue de la transplantation au Congo de la rumba cubaine à la fin des années 1930, par un curieux aller-retour de l’histoire entre les Caraïbes et l’Afrique. La rumba congolaise, chantée en lingala, poursuit sa mutation pour devenir l’actuel Soukous et le Ndombolo en incorporant des influences locales et antillaises.

La 35ème édition dans les trois antennes de l’Institut français de RDC

À Kinshasa, folublues, techno et ndombolo
Le mardi 21 juin au soir, l’Institut français de Kinshasa a proposé un choix éclectique qui a rencontré un vif succès avec près de 450 personnes sous la grande halle. Trois groupes
étaient au programme : Jacques Tshimankinda a tout de suite électrisé l’atmosphère de la halle avec son Folublues (fusion de blues et de Mutwashi, musique traditionnelle du Kasaï) très puissant et original (il est le créateur de ce style musical). Le groupe Soul Kitchen et sa musique aux influences de bossa nova mâtinée de rythmes du Bandundu a rendu un vibrant hommage aux grands noms de la musique afro et à Papa Wemba en particulier.
Enfin, le Disc Jockey DJ Amaroula a cloture la soirée en faisant danser le public aux sons de la techno et du nbombolo. En dehors de l’Institut français de Kinshasa, un podium avait été installé par les autorités provinciales sur la place de la Gare Centrale qui a accueilli de nombreuses stars de la musique congolaise parmi lesquelles Ferre Gola et Barbara Kanam.

À Lubumbashi, l’afrojazz à l’honneur

À la Halle de l’étoile, la fête de la musique fut également une réussite, notamment parce qu’était proposé pour la première fois un nouveau genre musical: l’afrojazz. À l’occasion, le groupe traditionnel Tshowenandeka et Nikos Markoutsas, saxophoniste et musicologue, se sont produits. Le mélange des cultures et des sonorités en accord parfait a séduit le public.
D’autres manifestations musicales se tenaient dans la ville au même moment.

À Bukavu, une première édition réussie

À la nouvelle antenne de l’IF de RDC, la Halle des Grands Lacs de Bukavu, fraîchement inaugurée le 14 avril dernier, un grand concert fut organize dans l’espace public, devant l’entrée du nouvel Institut. Cette première fête de la musique dans la capitale du Sud Kivu avait d’ailleurs reçu l’aval de la Mairie de Bukavu et l’artère principale de la ville avait été interdite à la circulation pour l’occasion. Environ 2.000 personnes ont pu assister aux prestations des dix groupes programmés qui ont proposé un large répertoire, allant du chant choral au blues, le reggae et la rumba.

La rumba dans les grands lacs, la tournée « Kojack »

À titre d’illustration de cet intérêt pour la musique congolaise au-delà des frontières de la RDC, à l’initiative de l’Institut français de Kinshasa et dans le cadre de la fête de la musique, une «mini tournée des grands lacs » a été organisée pour un groupe de 4 musiciens kinois mené par le guitariste chanteur Kojack Kossakamvwe alias «Kojack». Cette tournée a été montée en partenariat avec l’Alliance française de Kampala en Ouganda, l’Institut français du Rwanda et l’Institut français du Burundi. Le samedi 18 juin, le groupe s’est produit au Théâtre National Ougandais de Kampala devant un parterre de près de 1.000 spectateurs ravis de pouvoir, malgré la pluie, danser aux rythmes de la rumba. Le 22 juin le groupe s’est produit au Club 514 de Remera de Kigali au Rwanda devant un public enthousiaste. Kojack a également animé durant deux jours un atelier de guitare avec de jeunes musiciens rwandais. Enfin, Kojack et ses musiciens ont fait chavirer les jeunes burundais le samedi 25 juin lors d’un concert à l’Institut français de Bujumbura qui laissera des traces « indélébiles », selon les mots des organisateurs, tant la complicité fut forte entre les artistes et le public.
CR