« Au vu de son potentiel, le Katanga devrait être la province la plus développée du pays »

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« Au vu de son potentiel, le Katanga devrait être la province la plus développée du pays »

1) Aujourd’hui, la Sofibanque n’est  plus à  présenter et se place comme l’une des principales banques du pays. A-t-elle confirmé sa position durant l’année 2017 ?

Certains indicateurs permettent de l’affirmer. En effet, selon le dernier rapport annuel de la Banque Centrale, nous sommes encore parmi les trois premières banques congolaises ayant un fort taux de rentabilité. Mais au-delà des chiffres et autres statistiques, c’est surtout notre engagement à participer à la bancarisation des populations qui nous fait avancer et nous rend le plus fiers. Nous pensons que le développement du pays passera également par cette voie, à condition que cette bancarisation soit innovante, responsable et surtout accessible à tous. C’est particulièrement sur ce point que nous comptons concentrer nos efforts cette année.

Contrairement aux idées reçues nous ne ciblons pas uniquement les entreprises et institutions étrangères : depuis plusieurs années, nous payons les salaires des fonctionnaires, instaurons des lignes de crédit accessibles au plus grand nombre, notamment aux porteurs de projets prometteurs et nous mettons en place de nouveaux produits et services susceptibles d’intéresser les personnes provenant de toutes catégories socio-professionnelles. Nous restons donc ouverts et accessibles et invitons tout le monde à ouvrir un compte à la Sofibanque.

2)  La Sofibanque a-t-elle des succursales dans l’Est de la RDC ? A-t-elle le projet de s’étendre dans la région ?

Oui, depuis 2015 nous avons ouvert une agence  dans le Katanga, plus précisément à Lubumbashi. Il était crucial de nous installer dans la région, afin de nous faire connaitre des compagnies minières et des petites et moyennes entreprises qui y sont présentes. Nous avons l’ambition de nous installer  très bientôt à Kolwezi, dans la Province du Lualaba et à Goma dans la province du Nord-Kivu.  L’activité minière y est également très importante et la région reste, malgré la crise, un endroit stratégique d’installation pour toute banque en RDC.

3)   En tant qu’acteur économique phare du pays, pouvez-vous nous faire un état des lieux de la situation socio-économique de la province du Katanga ?

Le Katanga est une province très riche en ressources naturelles. Ce n’est pas pour rien que beaucoup de grandes entreprises spécialisées dans l’exploitation et la transformation des produits miniers s’y sont installées. Mais en 2008, les crises des matières premières et financière a eu comme conséquence la perte de milliers d’emplois, car beaucoup de petits exploitants sont partis du jour au lendemain. Aujourd’hui nous  assistons  à une reprise du secteur minier katangais, qui entraine l’arrivée de nouvelles sociétés de mining étrangères, de plus en plus présentes dans la province, signe manifeste d’une relance des activités.

De ce fait, l’environnement de la région s’en trouve quelque peu changé, s’adaptant aux besoins d’exploitation de ces grands groupes : des infrastructures routières ont été construites, des efforts sur le plan social ont été faits, avec la mise en place d’une politique d’embauche de main d’œuvre locale, de formation, d’assistance médicale, de scolarisation et d’appui à la culture.

Je ne dirais pas que tout est parfait au Katanga, car de fortes inégalités subsistent et il est déplorable de voir que cette province qui, vu son potentiel, devait être la plus développée du pays, soit à un tel niveau : le taux de pauvreté y est très élevé (environ 69%), celui de scolarisation en primaire y est encore faible (54,4%), et 80% des ménages katangais ne sont raccordés ni à l’électricité ni à l’eau potable. En tant qu’acteur économique, je ne peux qu’encourager les pouvoirs publics à poursuivre leurs efforts pour améliorer la situation sociale et économique des Katangais.