BAZIKS

Une ambitieuse plateforme de musique en ligne

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BAZIKS est l’une des cinq startups sur 522 candidatures au Digital Lab Africa en 2016, organisé par l’Ambassade de France et l’Institut français de l’Afrique du Sud, qui a remporté un prix de 3000 Euros en plus d’un programme d’accompagnement et d’incubation en France pour son développement en mars 2017.

BAZIKS est un service de musique en ligne hybride, qui propose à la fois d’écouter des morceaux en streaming et de télécharger des titres d’artistes indépendants (artistes autoproduits) labels et distributeurs de musique. La plateforme a pour rôle de connecter les artistes et les passionnés de musique et de permettre également au public de créer un compte. Les usagers peuvent ainsi suivre les artistes et recevoir des notifications concernant leurs actualités notamment les nouvelles sorties, les agendas, les concerts… L’application s’adresse principalement à un public qui aime les musiques congolaise et afro et qui est prêt à payer pour y avoir accès. Le potentiel de ce marché s’élève à 3 millions d’utilisateurs d’internet en RDC âgés de 18 à 35 ans et habitent les grandes villes du pays et la diaspora congolaise, importante en France et en Belgique.

La plateforme BAZIKS vient en appui pour combler un vide sur le continent en se positionnant sur un marché de niche en raison de l’influence indélébile de la musique congolaise dans le continent notamment sur le coupé décalé, l’Afrobeat et l’Afrotrap. Avec, à la clef, une approche ubérisée afin de rendre plus ou moins autonome les créateurs eux-mêmes, pour proposer leur musique au public sans intermédiaire, directement sur la plateforme.

Cette possibilité offre aux artistes autoproduits en Afrique la possibilité de gagner un peu plus de revenus que ce que proposent les plateformes mainstream. Sans pour autant avoir intention d’amenuiser le métier de distributeur.

En parallèle, l’équipe de BAZIKS développe un nouvel outil, BAZIKS Accelerator, qui vise aussi à accompagner les artistes dans une démarche entrepreneuriale et à s’organiser en tant que label ou à trouver des partenaires pour développer leurs activités. En plus de cette offre B2B2C, la plateforme propose également des abonnements aux entreprises (annonceurs, agences de publicités…) désireuses d’offrir des accès musique comme produit attractif à leurs clients dans le cadre de leurs campagnes de promotions. Trois formules sont proposées : 0,99$ pendant une semaine, 3,99$ valable un mois et 9,99$ valable 3 mois. Baziks s’est fixé comme objectif d’atteindre 50.000 utilisateurs pour la première année.

Cette offre vise à générer un peu plus de moyens financiers afin de répondre aux exigences actuelles. À ce stade, la plateforme dispose déjà d’une version 1.0 et les besoins se chiffrent à hauteur de 100 000 $ pour poursuivre son développement, améliorer l’application mobile avec la partie off-line, acquérir un serveur local pour réduire le temps de latence et accroitre par conséquent le nombre de ses usagers en connexion simultanée. Sur fonds propres, la plateforme compte 1.000 inscrits.

Fort de son potentiel, bien qu’en cours de construction, BAZIKS suscite déjà l’attention des grandes sociétés internationales opérant dans le secteur tels que TRACE TV, Believe Digital, le distributeur digital numéro 1 en Europe qui a racheté l’américain TuneCore et riche catalogue des labels rap français et US ou encore Idol qui a un catalogue très intéressant de Jazz et de musiques africaines comme la rumba congolaise. Des discussions sont en cours avec l’A.M.I. (le centre d’Aide aux Musiques Innovatrices) basé à Marseille, pour un accompagnement éventuel sur l’implantation de BAZIKS en France à destination de la diaspora congolaise et africaine. L’avenir nous en dira plus sur cette startup ambitieuse qui caresse l’idée de créer des passerelles entre la RDC et l’Europe, de manière à vitaliser l’industrie musicale congolaise et pourquoi pas africaine.

SP