Bukavu : une ville, deux hôpitaux de référence

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Au Nord de la ville, l’hôpital général de Ciriri. Au Sud, celui de Panzi. Deux hôpitaux de référence, riches de leurs histoires, de leurs singularités, et des personnalités qui les construisent chaque jour.

L’hôpital général de référence de Ciriri

Située sur les hauteurs de Bukavu, la colline de Ciriri accueille environ 65 000 personnes. En 2002, un centre nutritionnel pour enfants de familles démunies, créé par un pédiatre allemand, le Dr Gustav Rau, y est cédé à l’Archidiocèse de Bukavu. Dans ce qui devient alors un hôpital général de référence dans la province du Sud-Kivu, s’installe le Dr Marie-Jo Bonnet, chirurgienne orthopédiste française décédée en 2016. Sous son impulsion, l’hôpital développe une vocation chirurgicale. L’accent est mis sur la formation de médecins congolais, principalement en chirurgie.

Aujourd’hui, cet hôpital offre des soins spécialisés, en ambulatoire et en hospitalisation (281 lits) pour les patients référencés depuis les structures de santé environnantes, correspondant à un bassin de population élargi de 392 000 habitants.

L’établissement propose des services en gynécologie obstétrique (2673 naissances, dont 603  césariennes, soit 22,5%), en chirurgie (1821  interventions), ainsi qu’en dentisterie, ophtalmologie et kinésithérapie.

L’hôpital général de référence de Panzi

Au Sud de Bukavu, au sein de la  zone de santé d’Ibanda, l’hôpital de Panzi a été édifié en 1999 par le Docteur Denis Mukwege. Aujourd’hui, le centre est connu dans le monde entier pour son expertise dans le traitement des pathologies gynécologiques, en particulier les prolapsus et les fistules, des troubles de la reproduction et des blessures dues aux violences sexuelles. Avec 373  agents dont 40 médecins (21 spécialistes), l’hôpital abrite 450 lits dont 144 réservés aux femmes victimes de violences sexuelles et/ou nécessitant des soins gynécologiques spécialisés.

En juin 2008, le Dr Mukwege a créé la Fondation Panzi, de façon à permettre des interventions selon une offre globale de prise en charge des victimes, à travers quatre piliers : pilier médical, pilier soutien psychologique, pilier accompagnement légal, et enfin pilier réinsertion socio-économique. Cette offre de prise en charge est regroupée dans des « one stop centers », dans lesquels les survivantes de violences sexuelles peuvent être prises en charge discrètement et efficacement. Ainsi, chaque patiente n’a besoin d’expliquer qu’une seule fois son histoire et choisit sa trajectoire en fonction de ses besoins, en donnant son consentement explicite pour tous les services à recevoir.

En 2016, la Fondation Panzi a mis en œuvre 32 projets. Ces projets concernent essentiellement :

  • le renforcement des capacités de femmes vulnérables à développer des stratégies de survie ;
  • l’appui à la réinsertion socioéconomique des enfants et professionnelles du sexe vivant autour des mines artisanales du Sud Kivu ; la création d’un consortium juridique permettant de promouvoir la justice visant les acteurs de violences sexuelles, notamment grâce à l’organisation de chambres foraines (tribunaux mobiles) ;
  • le soutien scolaire et l’appui à la scolarisation d’enfants (4000 enfants depuis 2015, dont 47,3% sont des filles).

Le Dr. Mukwege a été lauréat du prix « Prévention des conflits » de la Fondation Chirac en 2013, a reçu le prix Sakharov en 2014 et est Officier de la Légion d’Honneur. En 2018, il s’est vu décerner le titre de Docteur Honoris causa par l’Université d’Angers.

 

Ces missions sont l’occasion d’échanges multidisciplinaires entre les deux hôpitaux avec pour objectif principal d’aider au diagnostic des différentes pathologies pour les patients accueillis à  Panzi, avec une priorité en clinique et techniques de laboratoire pour l’identification des infections virales et bactériennes chez les femmes victimes de violences sexuelles.

Afin de documenter l’importance de ces infections sexuellement transmissibles dans cette région, une étude épidémiologique a été mise en place sur plus de 1 000 patients(es) de l’hôpital avec des résultats attendus au cours de l’année 2018.

 

Enfin, un partenariat avec les Hôpitaux du Sud de Paris, et particulièrement avec le CH de Melun, a été finalisé, et un projet sera mis en œuvre en 2018.

 

HD

De nombreux hôpitaux et CHU français soutiennent la Fondation et l’hôpital de Panzi

La Délégation aux Relations Internationales de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) soutient, dans le cadre des actions de coopération, le développement de partenariats hospitaliers. Au cours de l’année 2017, grâce à un financement de la DGOS,  une équipe de l’hôpital Avicenne (Paris AP-HP) composée du Dr Claire Tantet (Infectiologue), Alexandra Duhant (Technicienne de laboratoire en microbiologie) et Frédéric Le Gal (Ingénieur en biologie médicale) a pu initier un projet de ré-organisation de la prise en charge du diagnostic infectieux au sein de l’Hôpital Général de Référence Panzi.

 

Les soutiens français à l’Hôpital et la Fondation Panzi :

Agence française de développement

2014-2018 : Projet Promekin, appui au renforcement des capacités de la prise en charge hospitalière en santé maternelle, renforcement du plateau technique en soutien à l’Hôpital Panzi.

2017 : appui aux Assises pour la formation en Activités génératrices de revenus

2016 : soutien au ‘one stop center’ de la presqu’île de Minova, au sud de Goma, et participation en avril à son inauguration en compagnie du Dr Mukwege.

2013 : dotation de 200 000 euros et 2 tonnes de médicaments en 2013 à l’hôpital de Panzi par AFD afin de l’appuyer dans son travail de sensibilisation, d’aide juridique et de réinsertion des femmes victimes de violences.

CHU français 

2017-2018 : convention de coopération entre l’Hôpital de Panzi et le CHU d’Angers.

2010 -2014 : financement AFD/ convention CHU de Toulouse et Hôpital de Panzi : renforcement capacités du personnel médical et infirmier.

 

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