Entretien avec le Dr. Rodolphe Ahmed, directeur du Centre Médical de Kinshasa

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Le Centre médical de Kinshasa (CMK), créé en 1969, se veut un hôpital à la hauteur des standards internationaux. Fonctionnant sur financements propres, il représente la référence kinoise en termes de médecine, générale comme spécialisée. Son directeur français, Rodolphe Ahmed, nous accorde une interview.

Impact : Depuis quand êtes-vous installé en RDC ?

Rodolphe Ahmed : Je suis installé à Kinshasa depuis septembre 2008, date de mon engagement comme directeur de l’hôpital. J’ai cependant fait trois missions en RDC comme médecin urgentiste en 2006, 2007 et 2008.

Comment est géré le CMK, hôpital congolais pourtant dirigé par un français ?

En tant que directeur, je suis en charge de la gestion quotidienne de l’hôpital, tant sur le plan administratif que dans la qualité des soins. L’hôpital dispose d’un Comité de Gestion et d’une commission de surveillance dont les membres sont nommés par l’assemblée générale des actionnaires (dont certaines sociétés françaises). Le directeur reporte auprès du comité de gestion. Le CMK est un hôpital privé et indépendant, ne fonctionnant que sur fonds propres et ne bénéficiant d’aucune subvention. La particularité de notre hôpital est que nous sommes une société coopérative et qu’à ce titre nous réinvestissons dans l’hôpital l’intégralité de nos bénéfices.

Quel est le but du Centre Privé d’Urgence (CPU) et en quoi diffère-t-il du CMK ?

Le CPU est une structure uniquement dédiée aux pathologies d’urgence et à la réanimation. C’est une branche du CMK qui a été créée dans les années 90 pour initialement offrir aux sociétés une solution pour la prise en charge de leurs cadres (et familles) en cas d’urgence médicale et en attendant un rapatriement. Il s’agissait donc de stabiliser les malades graves en attendant leur évacuation médicale. Depuis, nos missions ont évolué vers une prise en charge plus pointue sur place (nous n’évacuons plus que quelques cas par an) et nous avons développé une unité de soins intensifs. Le CPU se différencie du CMK par l’accès qui est réservé à ses membres et par sa spécificité de prise en charge des pathologies d’urgence uniquement. Alors que le CMK est un hôpital général couvrant tous les aspects de la médecine (y compris les consultations de toutes les spécialisations médicales) et ouvert à tout un chacun.

 

 

 

 

 

 

 

 

Qui en est à l’origine ?

Le CMK a été fondé en 1969 par certaines sociétés soucieuses d’offrir une qualité de soins se rapprochant des standards internationaux à ses ayants-droits. Très rapidement, l’offre de soins a été élargie à tout le monde. Le CPU a lui été créé à l’initiative du CMK en concertation avec un certain nombre d’opérateurs économiques qui souhaitaient pouvoir garantir les soins d’urgences à leurs employés.

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment fonctionne le financement du CMK et du CPU ?

Le CMK est financé par ses recettes uniquement. Quant au CPU, il fonctionne grâce aux cotisations des membres : moyennant une cotisation forfaitaire trimestrielle, les adhérents du CPU bénéficient de l’entière gratuité des soins quand ils souffrent de pathologies graves. Le CPU fonctionne en fait selon un modèle mutualiste et solidaire : les cotisations de l’ensemble des adhérents permettent la prise en charge de ceux d’entre eux qui sont souffrants.

Comment faites-vous venir les médecins français en roulement ?

Nous recrutons des praticiens expatriés diplômés et qualifiés en médecine d’urgence. Ce sont des médecins travaillant à temps partiel dans des hôpitaux ou cliniques en France. Ils peuvent donc se libérer pour des missions de 6 semaines au CPU. La sélection des candidats se fait par le médecin directeur.

Propos recueillis par EG