JazzKiff

Dans les coulisses de la 11ème édition

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Du 16 au 18 juin 2017 s’est tenue la 11ème édition du célèbre festival kinois JazzKiff, organisé par l’agence TEK Agency. Retour sur cette édition accueillie  à l’Institut français de Kinshasa – Halle de la Gombe.

Durant trois soirées, ce sont près de 7500 spectateurs qui sont venus écouter des artistes congolais et internationaux, des légendes de la musique jazz et rumba mais également des talents de la nouvelle génération. La star colombienne Yuri Buenaventura a ouvert le festival de la plus belle des manières. Sa musique à la croisée des influences latines, caribéennes et africaines a, sur des rythmes mambo et salsa, fait voyager les spectateurs de continent en continent. Le samedi soir, Lura, la nouvelle perle cap-verdienne, a charmé le public par sa voix mais aussi par ses pas de danse, s’essayant même au Ndombolo. Le dimanche était la journée des légendes. Les Bakolo music international ont interprété les plus grands succès de leur répertoire et de la rumba, gratifiant également le public de leurs nouvelles compositions. Puis un duo inédit, celui de deux étoiles du jazz, Ray Lema et Manu Dibango, a clôturé ce weekend musical. Concert exceptionnel empreint de virtuosité et d’émotions, la légende jazz camerounaise n’était plus venue en République Démocratique du Congo depuis 1961 !

 

 

 

 

 

Stéphanie Suffren, productrice déléguée du JazzKiff et associée de TEK Agency, répond à nos questions.

Impact : Pouvez-vous nous présenter l’histoire du festival ?

Stéphanie Suffren : Le JazzKiff, c’est avant tout le rêve d’une bande de copains désireux de faire partager au public kinois leur passion et de faire entendre des musiques métissées et singulières. Le « label » JazzKiff appartient à Bracongo. TEK Agency assure la programmation et la production du festival. Autour de Bracongo, il y a des partenaires fidèles et engagés ; nous ne pourrions mener cette aventure sans leur soutien. Le festival s’est tenu chaque année depuis 11 ans et a conquis son public, lui aussi métissé.

Quelle place occupe le festival dans le champ culturel kinois ?

Le JazzKiff est un rendez-vous convivial et musical. Mais le JazzKiff est surtout un maillon de la chaine des industries culturelles. Nous tentons de mettre en place un écosystème favorable au développement d’une économie de la culture et produire de la réflexion sur la question essentielle des politiques culturelles et de leurs effets bénéfiques sur le développement du pays.

Quel équilibre cherchez vous à donner à la programmation entre artistes congolais et internationaux ?

Notre seul dogme au JazzKiff, c’est l’excellence artistique. L’artiste est au centre du projet. Nous vivons sur une terre musicale très inspirante. Nous tenons à ce que les artistes congolais soient mis à l’honneur et nous tenons aussi à ce que les artistes « du monde » aient plaisir à venir à Kinshasa.

Pour la 2ème année consécutive, JazzKiff s’est déroulé à L’Institut français de Kinshasa. Quel est le bilan ?  

Nous organisons le JazzKiff depuis deux ans à l’Institut français mais plus encore nous l’organisons avec l’Institut. Pendant plus de deux semaines, il s’agit de faire travailler ensemble deux équipes qui ont leurs habitudes et leurs codes. Sur ce point, la 11ème édition est une réussite.

Une très belle synergie, de la confiance et un objectif commun, la réussite du festival.

Quelles sont les ambitions du festival pour les prochaines années ?

Nous nous fixons deux objectifs : devenir une plateforme de la filière musique en renforçant nos actions de formation (régies, management) et d’opérateur (invitation de programmateurs…), et organiser le JazzKiff dans une ou plusieurs autres villes de la RDC.

En 11 éditions, il y a eu de nombreuses rencontres musicales. Il y a t-il des collaborations qui sont nées de ces rencontres ?

Alors là, c’est une question qui relève de la magie. On crée les conditions favorables d’une rencontre mais on ne peut rien décider. Un scoop, Yuri Buenaventura et les Bakolo Music International ont eu un coup de foudre. À suivre !

Propos recueillis par MC