JICA

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Impact : La JICA est présente depuis 2007 en RDC ; quelles sont ses actions en faveur du développement du pays ?
Eihiko Obata : Conséquence des crises des années 90 et 2000, la coopération entre le Japon et la RDC a été suspendue. Le bureau de la JICA à Kinshasa n’a effectivement repris ses activités qu’en 2007. Pour autant, cette coopération remonte aux années 1970. Le projet le plus emblématique étant celui de la construction du premier plus grand pont suspendu d’Afrique dénommé : le « Pont Maréchal ». Ce pont situé dans la ville de Matadi traverse le fleuve Congo et assure la connexion de la route Nationale n°1, de Boma à Kinshasa en passant par la ville de Matadi. Depuis la réouverture de son bureau à Kinshasa, la JICA a étendu progressivement ses activités. Ainsi, elle a orienté ses interventions pour atteindre quatre grands objectifs :

  1. contribuer au développement économique, à travers les infrastructures et la formation professionnelle ;
  2. participer au rétablissement de la paix et de la sécurité, à travers le programme de réforme de la Police Nationale Congolaise, et la formation de la Police en collaboration avec les Nations Unies ;
  3. renforcer les services sociaux, tels que le secteur de la santé et celui de la distribution d’eau potable ;
  4. contribuer au renforcement de la capacité de surveillance des ressources forestières, visant la promotion de la protection de l’environnement par la gestion durable de la forêt et REDD+ en RDC.

Les Kinois apprécient l’aménagement de la route Poids lourds, réalisé par la JICA, qui a beaucoup facilité la circulation. Quelles sont les autres réalisations de la JICA en matière d’équipements et d’infrastructures urbaines à Kinshasa ?
La ville de Kinshasa se trouve actuellement dans une phase dynamique de développement urbain, avec un accroissement rapide de la population, de la circulation et des constructions. De 2007 à 2010, la JICA a réalisé un projet d’appui à la planification de la construction urbaine de la Ville de Kinshasa, avec comme résultat l’établissement d’une carte numérique d’échelles 1/10.000 et 1/30.000. Ces cartes ont été élaborées dans la perspective de l’extension de la ville.
En juin 2014, la JICA a achevé les travaux du projet de la modernisation et de la réhabilitation de l’avenue des « Poids lourds ». Ce projet a été réalisé par l’entreprise japonaise Kitano, dans le but de faciliter l’acheminement des marchandises partant des ports fluviaux qui longent cette artère. Cet axe a également été aménagé afin d’assurer la fluidité du trafic entre le centre-ville et l’aéroport de N’djili, et réduire les accidents. La gestion harmonieuse du chantier et la qualité des travaux exécutés par l’entreprise japonaise ont, semble-t-il, marqué la population kinoise. Il convient toutefois de noter que, à la suite de la modification du concept de base, ce projet a connu plusieurs interruptions, et incertitudes pour sa finalisation. Mais grâce aux efforts des deux gouvernements, il a été mené à son terme. Pour célébrer et perpétuer cette coopération, le gouverneur de la ville de Kinshasa a d’ailleurs baptisé l’avenue des « Poids lourds » : « boulevard Congo Japon » en février 2015. Pour répondre à la demande en eau potable d’une population kinoise croissante, la JICA a réalisé le projet de l’aménagement et de l’extension de l’usine de distribution et de traitement d’eau potable de Ngaliema. La réalisation de ce projet a permis d’augmenter la capacité de production d’eau, et d’assurer l’accès à l’eau potable à plus d’un million de Kinois, dans 8 communes de l’ouest de la capitale. Dans le secteur de la santé, la JICA a financé la Construction de l’Institut National Pilote de l’Enseignement en Sciences de Santé (INPESS), autrefois Institut d’Enseignement Médical de Kinshasa. Ce projet a l’objectif de répondre à la carence de la formation des personnels de santé de niveau intermédiaire.
Dans le cadre du développement économique, la JICA a par ailleurs financé la construction de la direction provinciale de l’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP) à Kinshasa. Ce projet permet de renforcer la capacité du personnel dans le secteur de l’industrie.

La JICA renforce sa coopération avec la RDC, pourriez-vous dire quelques mots des futurs projets que vous comptez réaliser dans le pays ?
Dans la dynamique de l’urbanisation croissante de la ville de Kinshasa, les enjeux sociaux et économiques des infrastructures seront primordiaux, couvrant à la fois l’amélioration des conditions de vie de la population et celui de son environnement. La JICA continuera à soutenir la RDC, en se basant sur les stratégies de développement et les priorités définies par le gouvernement congolais. Cependant, le problème de l’emploi doit être souligné, pour une croissance économique et un développement social durables. Pour la mise en œuvre du potentiel économique de la RDC, l’investissement dans le capital humain est aussi essentiel, et la promotion du rôle de la femme ne doit pas être négligée. Face à ces défis, la JICA renforcera son soutien dans le secteur de la formation professionnelle, à travers la coopération technique et financière à Kinshasa et à Lubumbashi, qui sont les deux grands pôles de croissance de la RDC.
Je souhaiterai ajouter que « l’esprit d’équipe » et « la responsabilité » sont les facteurs clé de la coopération de la JICA. Nous élaborons le cadre logique et le plan des opérations de nos projets, ensemble avec les cadres du gouvernement de la RDC. Chaque partie assume ses responsabilités, en harmonie avec les objectifs du projet définis conjointement. Nous sommes certains que la collaboration avec d’autres bailleurs est aussi un facteur important pour créer la synergie et la spirale positives pour le développement de la RDC.

Propos recueillis par Jean-Christophe Maurin
Photo: JICA

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