Kiripi Katembo Siku

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Exposé à Bruxelles, Paris, Berlin, Arles, Venise, Ostende, Stockholm, c’est une de ses photos qui figurera sur l’affiche du prestigieux 67ème festival d’Avignon en 2013. La série Regards… sera exposée à l’Ecole d’Art, aux côtés d’une deuxième série de photographies, réalisée à Brazzaville, Kinshasa et Ostende, et pour laquelle Kiripi a pris de la hauteur. Après avoir espionné sa muse urbaine au ras du sol, il a choisi les toits et les balcons pour dessiner des paysages méconnaissables et pourtant familiers. Forçant les contrastes, écrasant certains détails, il saisit la danse des lieux, la manière dont les êtres vivants s’approprient un espace en perdition.
L’exposition, intitulée Yango (« C’est ça » en lingala), sera complétée par la diffusion du court métrage Voiture en carton, première incursion de l’artiste dans le monde de l’audiovisuel, en 2008. Formé à l’école de Beaux-Arts de Kinshasa, Kiripi a été peintre avant de s’intéresser à la vidéo et à la photographie. Ce premier film a été réalisé à l’aide d’un téléphone portable, à la fois pour éviter les confrontations avec les autorités et pour capter la vie de la rue dans son plus simple appareil. Il a été sélectionné par le Festival Pocket Film du Centre Pompidou à Paris, puis lui a valu d’être le premier cinéaste de RDC nommé aux Berlinales en 2010.
Egalement producteur, il s’attache à soutenir, grâce à ses contacts et à son savoir-faire, des artistes congolais, dont le jeune réalisateur Dieudo Hamadi qui réalise le premier long métrage sur les élections 2011 à Kinshasa et a remporté le prix Joris Ivens au festival « Cinéma du Réel » au Centre Pompidou à Paris. Ses œuvres seront exposées à Kinshasa du 15 mai au 15 juin 2013 à l’Institut français ; pas tout à fait pour la première fois puisqu’il a l’habitude d’organiser des petites expositions spontanées pour les habitants des quartiers qu’il photographie. Toujours subtilement, il les écoute parler de ses images et y lire leur propre vie, y découvrir, parfois dans l’incrédulité, leur ville, métamorphosée. Un autre point de vue sur son point de vue. Kiripi préfère se considérer comme quelqu’un qui écrit des scénarios d’un monde simplement réaliste, parfois surréaliste mais sublime.

P.P.

Photo : Kiripi Katembo