La Santé

Un domaine où la coopération militaire est active

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Dans le cadre de la coopération militaire, l’aspect santé n’est pas absent. La France est bien présente pour aider le Corps de Santé Militaire à soutenir les Forces Armées de la République Démocratique du Congo.

Le corps de santé militaire (CorSM) est l’un des grands services des Forces Armées de la RDC (FARDC). Il est composé d’environ 5.000 militaires (pour un objectif de 17.000 personnes en 2030).

Les membres de ce corps sont engagés quotidiennement pour répondre aux missions fixées par la loi organique des Forces Armées :

  1. Assurer le soutien santé et médical au profit des unités des FARDC ;
  2. Dispenser les soins de santé en garnison, aux familles des membres des Forces Armées et au personnel civil de la Défense ;
  3. Participer activement aux activités de prévention et de gestion des épidémies, des catastrophes et des urgences médicales ;
  4. Appliquer les normes médicales au sein des forces armées telles que recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ;
  5. Contribuer à la recherche médicale au sein des forces armées.

Le CorSM dispose d’un état-major, d’un hôpital militaire central, ainsi que d’un dépôt pharmaceutique central. Ces 3 organismes sont implantés au cœur de Kinshasa sur le site du camp Kokolo.

D’autres unités dépendent du CorSM, à savoir :

  • Des unités médicales fixes d’infrastructure (hôpitaux et centre de santé militaires) ;
  • Des unités médicales tactiques (UMIR, groupements médicaux des forces terrestres, aériennes, navales et de la garde républicaine).
  • 3 Zones Sanitaires Militaires (structures de coordination) couvrent la totalité du territoire en parallèle des 3 Zones de Défense dont les états-majors se trouvent à Kinshasa,  Lubumbashi et Kisangani.

Le CorSM fait face à un déficit important de médecins. Les besoins sont estimés à 400 médecins (1 médecin pour 400 militaires), alors qu’actuellement les FARDC ne disposent que d’environ 200 médecins opérationnels. Les besoins en infirmiers ne sont actuellement pas totalement couverts (environ 3000 infirmiers civils et militaires pour un besoin proche de 4000).

 

 

 

 

 

 

Le CorSM dispose en son sein d’une unité particulière, à savoir l’UMIR (Unité Médicale d’Intervention Rapide). A terme, 1 bataillon MIR sera déployé dans chaque Zone Sanitaire Militaire. Actuellement 6 compagnies (sur 10 prévues) sont opérationnelles et déployées (2 au Nord Kivu ; 1 au Sud Kivu ; 2 au Kasaï et 1 en Equateur)  en permanence pour soutenir les opérations des FARDC. Elles ont également pour mission de soutenir la population lors de catastrophes naturelles ou industrielles. Elles sont ainsi intervenues lors du tremblement de terre à Bukavu en 2008, lors d’un accident d’avion à Kisangani en 2011, et en 2014 lors de l’explosion d’un camion-citerne dans la région d’Uvira. Des éléments ont été projetés à Brazzaville lors de l’explosion du dépôt de munitions de Mpila en 2012, confirmant ainsi la qualité de leur formation et de leur équipement.

Appuyé par de nombreux partenaires, le CorSM travaille sur divers programmes de prévention et de lutte contre les maladies touchant les militaires et leurs familles :

  • Programme militaire de lutte contre le SIDA ;
  • Programme militaire de lutte contre les maladies cardio-vasculaires ;
  • Programme militaire de lutte contre le paludisme ;
  • Programme militaire pour la santé de la reproduction.

Ces programmes manquent encore de financement, mais ils participent à la bonne santé des militaires congolais et de leurs familles. Ainsi plusieurs dizaines de militaires participent au programme de lutte contre les maladies cardio-vasculaires.  Engagé depuis 2008, ce programme a permis de faire des études sur la population militaire dans diverses garnisons avant de lancer des actions pragmatiques à leur profit.

Deux axes stratégiques ont ainsi été fixés :

Les interventions en milieu communautaire :

  • la pratique régulière de l’activité physique ;
  • une alimentation saine ;
  • les mesures sur la consommation du tabac et de l’alcool ;
  • les mesures de relaxation.

Dans les structures militaires de soins :

  • le dépistage systématique et opportuniste ainsi que la prise en charge des facteurs de risques cardio-vasculaires.

Un centre d’exploration cardio-vasculaire a été créé en 2016 au sein du camp Kokolo, afin de synthétiser les résultats et de faire des propositions. Ce centre pilote a vocation à être dupliqué dans de nombreuses garnisons afin d’être au plus près de la population visée. Il suit également quelques centaines de militaires « témoins » sur la garnison de Kinshasa afin de mesurer les progrès accomplis. Les coopérants français peuvent ainsi voir des cadres de l’Etat-Major Général faire plusieurs séances de sport par semaine.

Dans le cadre de la coopération militaire entre la France et la RDC, plusieurs actions concernent directement le CorSM.

Un jeune médecin vient de rentrer en RDC après avoir suivi une scolarité complète (8 années) au sein de l’Ecole du Service de Santé Militaire de Lomé (Ecole Nationale à Vocation Régionale ou ENVR) qui forme annuellement une cinquantaine de médecins militaires pour de nombreux pays africains. Il va finaliser sa formation en suivant un cursus 2017-2018 au sein de l’Ecole d’Application de Santé Militaire de Libreville (autre ENVR du réseau français en Afrique). Il sera accompagné par un deuxième médecin militaire des FARDC.

La Mission de Défense a organisé en coopération avec les FARDC le concours d’admission à l’Ecole de Lomé cette année pour relancer la présence d’élèves congolais. Une vingtaine de jeunes civils en première année de médecine ont présenté les 4 épreuves (français ; mathématiques; physique-chimie ; sciences et vie de la terre). Les résultats ne sont pas encore connus, mais la participation d’un sujet congolais permettrait de relancer le processus de formation de médecins militaires au sein de structures militaires.

Sous l’impulsion de son directeur, le Général KABANDA KURHENGA Gilbert, une école d’application du corps de santé militaire (EAPPL CorSM) a vu le jour récemment. Elle a pour but de finaliser la formation des médecins militaires terminant leur scolarité civile dans les universités congolaises. Avant de rejoindre cette école d’application, ils acquièrent une formation militaire d’officier au sein de l’Académie Militaire de Kananga lors d’une session spéciale de 9 mois.

L’école a pour mission de :

  • Assurer la formation médico-militaire de base aux jeunes officiers du CorSM avant leur mise en service ;
  • Pourvoir à la formation continue de tous les personnels de santé militaire en matière de médecine militaire ;
  • Participer à la recherche au sein du CorSM.

Installé sur la base de Kitona (proche de MOANDA dans le Bas-Congo), l’école (dont l’effectif devrait atteindre une soixantaine de personnel) manque encore de moyens et de cadres instructeurs permanents pour réaliser pleinement les missions qui lui sont imparties. L’aide de la coopération militaire française pourrait permettre d’élever le niveau de formation de cette école et de renforcer les liens entre le Service de Santé des Armées et son homologue congolais.

EP