L’Agence Française de Développement, développeur d’avenir durable

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Présente sur quatre continents où elle dispose d’un réseau de 70 agences et bureaux de représentation, dont neuf dans l’Outre-mer et un à Bruxelles, l’AFD finance et accompagne des projets qui améliorent les conditions de vie des populations, soutiennent la croissance économique et protègent la planète : scolarisation, santé maternelle, appui aux agriculteurs et aux petites entreprises, adduction d’eau, préservation de la forêt tropicale, lutte contre le réchauffement climatique…
En 2012, l’AFD a consacré près de 7 milliards d’euros au financement d’actions dans les pays en développement et en faveur de l’Outre-mer. Ils contribueront notamment à la scolarisation de 10 millions d’enfants au niveau primaire et de 3 millions au niveau collège, ainsi qu’à l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable pour 1,79 millions de personnes. Les projets d’efficacité énergétique sur la même année permettront d’économiser près de 3,6 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an.
Dans chacune de ses zones d’intervention, l’AFD concentre son action sur les secteurs prioritaires de ses partenaires :
– en Afrique subsaharienne, elle finance l’agriculture et les infrastructures avec des prêts bonifiés ; l’éducation et la santé avec des subventions. Le continent a reçu le tiers des financements et les deux tiers des subventions et bonifications d’intérêt ;
– en Méditerranée, elle soutient par des prêts légèrement bonifiés la création d’emplois et l’employabilité, le rééquilibrage territorial et social, et l’amélioration des conditions de vie des populations ;
– dans les pays émergents, elle encourage des modèles de croissance verte et solidaire, sans aucun coût pour l’État français ;
– dans les États fragiles, ses subventions améliorent les conditions de vie des populations et combattent les facteurs de fragilité des sociétés.

En République Démocratique du Congo, l’Agence Française de Développement a repris ses activités fin 2003-début 2004, après une interruption de treize ans…
Cette reprise de la coopération en RDC s’est amorcée avec des moyens limités si on les rapporte à la dimension du pays et à l’ampleur des besoins. En effet, l’AFD s’est concentrée sur quelques objectifs dans son programme d’activités :
– contribuer à améliorer les services sociaux de base directement au profit des populations notamment dans l’accès à la santé et à l’eau potable ;
– apporter une coopération technique pour construire les bases de politiques publiques en particulier dans le domaine de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’exploitation des forêts et de la gestion de l’environnement ;
– appuyer l’amélioration de l’environnement économique en particulier en favorisant l’extension du crédit et du microcrédit bancaires.
En dix ans, les engagements ont représenté environ 62 millions d’euros sur les secteurs de l’éducation et de la formation professionnelle, de la santé, de l’eau, de la forêt et de l’appui au secteur privé.
Dans les trois ans à venir, l’AFD changera d’échelle en RDC. D’abord et principalement avec le Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) signé le 10 juillet 2013. Il représente un engagement de 106 millions d’euros dans les secteurs de l’éducation, la formation professionnelle, l’accès à l’eau potable et un appui à la gouvernance financière mené en collaboration étroite avec le service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France.
Dans le même temps, l’AFD doit entreprendre la mise en œuvre d’un nouveau projet de 6 millions d’euros consacré à l’assainissement de l’eau dans l’Est du Congo (Uvira), en partenariat avec la fondation Veolia, et ciblé sur la lutte contre le cholera endémique sur les rives du Lac Tanganyika. Deux nouveaux projets dans les secteurs de la santé et de la forêt sont également prévus pour un total de 15 millions d’euros en 2014. L’appui aux entreprises privées et au secteur bancaire devrait également considérablement s’accroître dans les prochaines années par l’intervention de la filiale privée de l’AFD, Proparco.
Doubler le volume de ses engagements financiers dans les trois ans à venir, un beau challenge pour l’équipe de l’AFD à Kinshasa et pour son nouveau directeur, Jean-Christophe Maurin, qui a pris ses fonctions en août 2013.

Uvira : de l’eau potable pour lutter contre le choléra à Uvira
La ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu, figure au triste palmarès des foyers de persistance de l’agent infectieux du choléra. En cause notamment, le manque d’accès à l’eau potable, qui contraint la population à recourir à de l’eau de surface contaminée par les activités humaines, celle du lac Tanganika ou des rivières. A ce jour, le centre d’exploitation de la Regideso d’Uvira ne fournit de l’eau qu’à 31% de la population à peine, une pénurie qui aggrave année après année les épidémies de choléra et génère notamment une surmortalité infantile. Face à ce constat, l’Agence Française de Développement (AFD) a élaboré un projet destiné non seulement à améliorer l’accès à l’eau potable, mais aussi . sensibiliser les populations à l’hygiène. D’un montant de 10 millions d’euros au total, dont 6 millions fournis par l’AFD, le projet impliquera la Regideso, la Fondation Véolia, l’ONG Oxfam Grande Bretagne et l’Union européenne. Un effort conjugué qui permettra à plus de 150 000 personnes de bénéficier d’un service d’eau potable efficace. Le projet vise aussi, dans un souci de pérennité, à renforcer les capacités du centre d’exploitation de la Regideso d’Uvira, à sensibiliser les populations aux règles d’hygiène et à aider les usagers des réseaux d’eau à se structurer. Gageons que ce projet, qui sera lancé au premier trimestre 2014, contribuera à lutter au Sud-Kivu contre le fléau des maladies hydriques, tout en responsabilisant les populations comme les institutions publiques.

Bukavu : formation et insertion professionnelle de la jeunesse !
C’est une équipe dynamique et sachant faire preuve d’initiative qu’ont rencontrée Jean Christophe Maurin, directeur de l’Agence Française de Développement en RDC et Pierre Descombes, expert en formation professionnelle financé par l’AFD, lors de leurs visites de septembre et octobre derniers au centre de formation de l’INPP (Institut National de Préparation Professionnelle) . Bukavu. Dans un contexte favorable de reconstruction à l’Est de la RDC, le Sud-Kivu bénéficie à la fois de la vitalité des PME qui constituent le tissu économique local et de l’intensité des échanges avec les pays frontaliers. Dans cette région très densément peuplée mais pleine de potentiel, la question de la formation est capitale. Elle l’est d’autant plus pour la jeunesse dont la contribution à la construction d’un environnement économique favorable à la paix pour un développement durable demeure essentielle. Dans le cadre d’une enveloppe de 6 millions d’euros alloués par l’AFD au renforcement des capacités de l’INPP, le centre de formation de Bukavu sera intégralement reconstruit et équipé en 2014 pour un montant de 2,5 millions de dollars sur un terrain surplombant le lac Kivu.

Clara Arnaud

Photo : AFD / Joseph Moura