Lancement officiel de l’ENA RDC

214

L’inauguration de l’ENA RDC a eu lieu le samedi 28 juin 2014, sous le haut patronage du Premier Ministre, M. Matata Ponyo Mapon, qui a accueilli lui-même la première promotion de 60 fonctionnaires-stagiaires : la promotion Lumumba. En effet, ces jeunes futurs administrateurs civils sont les acteurs-clés du programme d’action du gouvernement. Ils devront relever le défi de la mise en œuvre de la politique de développement des capacités et du rajeunissement de la fonction publique congolaise et de la politique de décentralisation. Cette inauguration permet de mettre en lumière ce qui constitue déjà un indéniable succès. Succès qui est avant tout celui du ministre de la Fonction publique, Jean-Claude Kibala, qui a voulu faire de l’ENA le moteur de la réforme de l’administration congolaise. Un succès dont a été témoin son homologue française, la ministre de la fonction publique et de la Décentralisation. À cette occasion, Marylise Lebranchu a rappelé l’esprit et l’objectif de la création de l’ENA française en 1945 : un outil majeur de la reconstruction de la France après les déchirures de la seconde guerre mondiale. La ministre a également évoqué l’engagement de la France pour la réforme de l’administration congolaise, matérialisé par la signature d’une convention de coopération entre les deux ministères français et congolais.
Bien entendu, cette réussite collective est également celle de l’équipe dirigeante de l’ENA RDC, qui a travaillé sans relâche à l’organisation du premier concours national de cette école. Cette sélection, marquée par la rigueur et la transparence, a conduit au recrutement de 60 fonctionnaires-stagiaires, parmi 1 473 candidats.
Qui sont ces premiers énarques congolais ? À coup sûr une élite, mais une élite façonnée par le mérite et la compétence et non pas par le « passe-droit » : la promotion Lumumba reflète la diversité culturelle et territoriale de la RDC (plus de 80% de provinciaux) et est issue, pour 1/3, d’un milieu modeste ou de la classe moyenne (43% de parents fonctionnaires, 16% d’enseignants et 16% de familles modestes). Les énarques prônent l’éthique, la discipline et le patriotisme et s’engagent dans la fonction publique pour servir l’intérêt général.
Tous les moyens sont mis à leur disposition pour accomplir leur mission : un bâtiment entièrement rénové avec des salles de cours équipées d’écrans numériques ; une médiathèque et une bibliothèque modernes, alimentées par l’ambassade de France, sur les mêmes références que sa « sœur » française. Douze mois de formation, dont cinq mois de stage effectués aussi bien dans l’administration congolaise qu’étrangère, seront articulés autour de trois apprentissages-clés que sont le management, la politique publique dans les territoires et la maîtrise des grands enjeux contemporains. Ecole professionnelle et ouverte sur le monde, ses enseignements seront pratiques et dispensés par un groupe d’intervenants congolais et étrangers.
Le succès du lancement officiel de l’ENA RDC est également celui de la coopération franco-congolaise. Dès le départ, le gouvernement de M. Matata Ponyo Mapon a marqué sa confiance dans cette coopération qui a su, pour sa part, mobiliser une expertise de haut niveau, notamment au sein de l’ENA France, dont le rôle a été décisif pour créer une « école d’application », à la fois pratique et ancrée dans les réalités congolaises et dotée des meilleurs standards internationaux.

Matthieu Vuillermet

Photo : Freddie Eale/Primature