Le droit OHADA enseigné aux femmes entrepreneures

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Avec l’appui de la France, plus de 200 femmes entrepreneures seront bénéficiaires, entre le 16 mars et le 31 mai 2015, d’une formation opérationnelle au droit et à la pratique OHADA. Cette formation sera dispensée en trois sessions par l’Association pour l’Efficacité du Droit et de la Justice dans l’espace OHADA (AEDJ) en partenariat avec la SOFEPADI, le Fonds pour les Femmes Congolaises (FFC) et la Fédération des entreprises du Congo (FEC) à Goma, Kisangani et Lubumbashi. Cet enseignement va contribuer à améliorer la position de la femme dans le monde économique et renforcer son appropriation du droit OHADA. La finalité de ce projet est de doter les femmes d’affaires congolaises des outils leur permettant d’assurer la sécurité juridique de leurs investissements. Ce programme vise donc à encourager, en RDC, l’entreprenariat basé sur le genre. La première session de cette formation a eu lieu du 16 au 18 mars 2015 à Goma, dans le Nord-Kivu, grâce à l’implication de la société civile et au soutien de la mairie de la ville de Goma. La municipalité de la capitale du Nord-Kivu a accueilli cette session de formation dans la salle de conférence de la mairie et a mis à la disposition des organisateurs tous les moyens logistiques nécessaires. Ce projet a bénéficié de la caution morale du député-maire de la ville de Goma, Naasson Kubuya Ndoole. Les différents acteurs impliqués dans le projet saisissent l’occasion que leur offrent ces lignes pour lui adresser leurs sincères remerciements.
Le Maire adjoint de la ville de Goma a rappelé que «le mois de mars est le mois de la femme. Il est important pour elle de connaître ses droits et de s’approprier la nouvelle législation OHADA qui régit désormais l’activité économique en RDC. La conception du rôle de la femme dans la société congolaise a changé. La femme a désormais une nouvelle mission : elle est une actrice économique du développement au même titre que les hommes». Monsieur le maire adjoint a également encouragé toutes les femmes à suivre attentivement cette formation sur le droit OHADA et à capitaliser ses retombées pratiques dans leur vie quotidienne. Qui sont ces femmes entrepreneures ? Essentiellement des gérantes d’entreprises spécialisées dans la transformation et la vente de produits agro-alimentaires, la télécommunication, la restauration ou encore l’élevage. Les participantes ont exprimé des besoins clairs et précis : quels sont les atouts du droit OHADA ? En quoi le droit OHADA est-il vecteur d’autonomisation des femmes ? Comment les femmes entrepreneures peuvent-elles accéder aux financements ? Quels sont les atouts d’une entreprise enregistrée dans le secteur formel ?

Pour répondre à toutes ces attentes, les organisateurs ont privilégié une méthodologie interactive qui permet à chacune des participantes d’intervenir et d’échanger son expérience avec les autres. Les formateurs ont également présenté certaines bonnes pratiques issues des seize autres pays ayant adhéré à l’OHADA avant la RDC. Interrogées par les organisateurs sur les conséquences pratiques de la formation sur leurs activités, les heureuses bénéficiaires de ce projet ont assuré qu’elles procéderont à l’immatriculation de leur activité au registre du Commerce et du Crédit Mobilier tenu au tribunal de commerce de Goma. Le président de cette juridiction, Roger Phongo, formateur dans le cadre de ce projet, s’est engagé à les accompagner. Les prochaines sessions de cette formation se dérouleront à Kisangani et à Lubumbashi.

Joseph Kamga, président de l’Association pour l’Efficacité du Droit et de la Justice dans l’espace OHADA (AEDJ)
Photo : DR