L’éducation dans tous ses états

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C’est l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI) qui est ici à la manœuvre. Elle intervient sur trois fronts complémentaires d’envergure, notamment pour :
> offrir un meilleur accès aux services de santé et d’éducation afin de limiter le nombre d’enfants congolais hors du circuit scolaire ;
> relever le défi de l’éducation à l’autre bout de la chaîne en agissant sur l’enseignement supérieur par le biais d’un partenariat entre universités congolaises et canadiennes ;
> développer un programme de bourses destinées à promouvoir la francophonie en RDC.

L’Espagne et les pays nordiques n’ont pas de relations historiques avec la RDC. Pour autant, leurs projets d’aide à l’éducation sont loin d’être négligeables. L’Espagne développe un programme qui englobe toutes les composantes majeures d’un appui au système éducatif en RDC : construction d’écoles, réhabilitation de salles de classes, formation continue des enseignants et renforcement des capacités institutionnelles du gouvernement congolais. Ce projet, qui a vu le jour en 2011, devrait s’achever cette année. Les pays scandinaves, en collaboration avec l’Unesco, contribuent pour leur part au renforcement des capacités en planification et en gestion de l’éducation (CapE FA) dans le cadre d’un programme sur trois ans.

Les États-Unis d’Amérique sont très impliqués dans l’aide au développement de la RDC. En matière de coopération éducative, les actions de l’Agence des États-Unis pour le développement international (United States Agency for International Development ou USAID) trouvent à s’exprimer dans un projet initié en 2009 et qui privilégie la formation de formateurs aux matières primordiales (la lecture et les mathématiques). Mais la réhabilitation de salles de classe et la dotation des écoles en matériel didactique (manuels scolaires, fournitures de classes, etc.) n’ont pas été oubliées.
US AID a aussi développé un programme à échéance 2015. En complément de son aîné, ce dernier s’attache à mettre en place une politique de formation des enseignants en même temps qu’à permettre un suivi psychosocial des apprenants afin de comprendre leurs difficultés. Deux projets, donc, mais un unique objectif : concourir au développement de l’éducation et conforter, de ce fait, la démocratie.

La coopération que met en œuvre l’ambassade de France à Kinshasa accorde une place de choix à l’éducation. D’abord à travers son réseau culturel et éducatif, qui s’étend de l’Institut français de RDC (à Kinshasa et Lubumbashi) aux Alliances françaises présentes en province (ces dernières dispensent aujourd’hui 380.000 heures de cours de français pour plus de 5.000 apprenants). Les lycées français René Descartes à Kinshasa et Blaise Pascal à Lubumbashi endossent aussi ce rôle afin d’assurer une éducation à la française dans ce pays où plus de 30 millions de personnes parlent la langue de Molière.
Mais la coopération française dans le secteur éducatif est aussi visible à travers les actions de l’Agence Française de Développement (AFD) (voir article séparé) et dans des projets d’envergure gérés par l’ambassade tel que « SESAM », pour l’appui et la maîtrise du français en RDC. Ce dernier, polymorphe, vise la formation continue aux méthodes pédagogiques nouvelles de plus de 1.500 inspecteurs de l’éducation. à travers l’AFD, qui travaille plutôt dans le primaire, du réseau culturel et du projet SESAM, qui déploie ses efforts dans l’enseignement secondaire et en milieu universitaire, la France assure donc un soutien permanent et ambitieux au système scolaire congolais.

Le Royaume-Uni, à travers son département pour le développement international (Department for International Development ou DFID) considère aussi l’éducation en RDC comme primordiale. Le 12 Juin 2013 a été lancé le projet Girls’ Education Challenge : financé par le gouvernement du Royaume-Uni, il vise à améliorer l’accès à l’éducation pour plus de 137 000 filles dans cinq provinces de la RDC ( en Bandundu, Equateur, Kasaï Oriental, Katanga et Province Orientale) où les niveaux d’apprentissage du cycle primaire sont les plus bas. Les partenaires innovants du secteur privé engagés dans ce projet ( tel que International Rescue Committee, Save the Children et Catholic Relief Services) auront un effet démultiplicateur qui permettra de soutenir davantage d’élèves de sexe féminin et de fournir une aide plus conséquente aux familles.
Il ne faut pas oublier pour autant les autres projets en cours. Ainsi, depuis 2007 (et ce, jusqu’en 2017) le DFID pilote des actions qui vont de la construction et la réhabilitation de salles de classe à l’assainissement de nombreux établissements scolaires. Le gouvernement de sa Majesté est donc très impliqué dans l’aide à l’éducation de la RDC et continuera de l’être sur plusieurs fronts.

La Banque Mondiale s’investit également dans la politique éducative au titre de son action globale et plurielle pour la stabilisation du pays et le rétablissement de l’État. En collaboration avec le gouvernement de la RDC, elle développe depuis 2007 un projet sur plusieurs fronts dans le secteur de l’éducation. Sont ainsi couverts des domaines aussi essentiels que l’accès à l’enseignement pour les populations congolaises, la réhabilitation de salles de classe, la distribution de matériels scolaires et de guides pédagogiques. Une des actions fortes du projet se concentre sur la formation de qualité pour les enseignants et l’évaluation de leurs apprentissages. L’objectif premier de la Banque mondiale est ainsi de maximiser l’accès à un enseignement scolaire de qualité dans un environnement sain et décent.

L’Unicef a engagé cette année un projet multiforme : amélioration de l’accès au milieu scolaire par le développement des infrastructures au profit du cycle préscolaire, appui à la mise en œuvre de mesures de protection sociale permettant d’inclure davantage d’enfants (filles, groupes exclus, etc.). Mais l’Unicef travaille aussi sur la qualité de l’enseignement en soutenant la création de standards nationaux: aide à la formation des enseignants, appui aux cours primordiaux comme la lecture et les mathématiques au premier degré, développement d’un suivi des apprentissages sont autant de domaines d’action de cette organisation. Le projet s’articule enfin sur la promotion et le renforcement d’une politique de partenariat et de coordination des différents acteurs et bailleurs impliqués dans la poli tique éducative en RDC. Rien d’étonnant à ce que cette entreprise gigantesque ne s’achève qu’en 2017.

Valentin Leroy