Lycée français René Descartes

293

Selon M. Clément Allal, arrivé en tant que maître-tailleur en 1952 à Léopoldville où ses deux enfants seront scolarisés jusqu’au baccalauréat, c’est à un événement très houleux que l’on doit la fondation du Cours Descartes…
En effet, à cette époque, les enfants devaient fréquenter les collèges locaux (sans avoir donc l’équivalent de diplôme en France). Cependant les plus téméraires d’entre eux faisaient la navette entre Léopoldville et Brazzaville où ils étudiaient à l’école française. Mais, un jour de 1960, l’embarcation, soumise à des vents très violents, fut déportée vers les rapides, et c’est avec beaucoup de chance qu’elle fut récupérée au chantier naval de Chanic, dans la baie de Ngaliema.
Cet incident détermina trois familles à faire bouger les choses. L’on prit contact avec l’école Descartes de Rennes qui accepta de dispenser des cours par correspondance. Les devoirs, faits à la maison, étaient encadrés par les parents eux-mêmes. Au lendemain des accords de coopération entre la France et le Congo en 1963, l’ambassade de France mit à disposition de ces familles un bâtiment situé avenue Banning (aujourd’hui avenue Kalémie). Celui-ci regroupait alors les services du consulat. Le consulat fut transféré à l’hôtel Stanley (racheté par M. Kosciuszko-Morizet, ambassadeur de France), qui deviendra le siège de l’ambassade de France. Huit classes furent alors construites sur le terrain (emplacement actuel des maternelles) attenant à ce bâtiment principal où étaient implantés les bureaux de l’administration. C’est ainsi que naquit le Cours Descartes le 19 novembre 1964, sous forme d’une association de parents d’élèves. Il s’agissait donc d’une école privée dirigée par des parents français. Quelques mamans acceptèrent d’assurer les fonctions de monitrices pour accompagner les élèves dans le suivi des cours dispensés par le CNTE (Centre National de Télé-Enseignement, aujourd’hui CNED).
Fin 1965, l’école comptait déjà 260 élèves, dont 129 français.

Les années 70-80 : L’école grandit…
En 1969, on abandonne le CNTE, sauf pour le Secondaire, et l’école devient centre d’examens pour le BEPC. Le ministère des Affaires étrangères accepte de mettre à disposition du Cours Descartes un directeur (M. Labomme) et quatre professeurs titulaires, tous coopérants militaires. À cette même époque, vu l’augmentation des effectifs (500 élèves), les classes maternelles et primaires sont transférées avenue Prince de Liège, dans ce qu’on appellera le Petit Descartes.
Un contrat d’association entre le gouvernement français et le Cours Descartes fait alors de ce dernier un établissement français à part entière: une partie des professeurs, titulaires de l’Education Nationale, seront désormais pris en charge par la France. En 1970, l’école devient centre d’examens du Baccalauréat : 100 % de réussite cette année-là. Quatre candidats, quatre reçus !
Les années 1990 connaissent les soubresauts de l’histoire. En 1991, l’école est à son apogée ; c’est l’année de construction du gymnase. Elle ne compte pas moins de 1.100 élèves. Elle brille comme un symbole de la culture française. Mais les désastreux pillages de septembre 1991 et de février 1993, puis le tournant historique de mai 1997 et les événements douloureux d’août 1998 vont affecter le Cours Descartes. Malgré la signature le 1er décembre 1994 d’une convention pour l’enseignement français à l’étranger entre l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE) et l’Association des Parents d’Élèves (APE) gestionnaire, à la rentrée de septembre 1998, il n’y a plus que 210 élèves inscrits ! Heureusement, au fil des années suivantes, les effectifs vont se consolider peu à peu pour atteindre aujourd’hui 870 élèves.

Un lycée qui bouge et se transforme
Le LFRD fête donc cette année ses cinquante ans et il a des projets plein les cartables.
Tout d’abord, un grand chantier de réhabilitation et de construction immobilières de 7 millions d’euros, financé grâce à un emprunt garanti par l’ANEFE, mais aussi grâce aux fonds propres de l’école et à une subvention de l’AEFE. A la rentrée 2015, sera inauguré un nouveau bâtiment de 14 salles de classe sur le site de la Gombe avec notamment 4 salles de sciences sur-équipées et 2 salles multi-media. A la rentrée 2016, nous devrions découvrir un bâtiment résidentiel de 7 étages et de 24 appartements destiné à accueillir dans de bonnes conditions matérielles et financières les enseignants titulaires venus de France. Ce sera l’occasion de rendre notre école plus attractive encore pour ces professeurs indispensables à son bon fonctionnement. Nous aurons aussi un autre bâtiment de 10 salles de classes banalisées qui nous permettront d’accueillir des élèves de toutes origines toujours plus nombreux. Dès cette année, un snack, construit sur le site de la Gombe, permettra de garder nos collégiens et lycéens dans nos murs et de leur offrir une pause méridienne éducative avec un déjeuner équilibré.
Mais l’avenir c’est aussi de l’innovation pédagogique, des offres de formations plus diversifiées, des projets de coopération éducative :
– une politique des langues renforcée avec notamment le démarrage de l’anglais dès la petite section de maternelle, la création d’une classe bi-langue anglais-espagnol en 6ème au collège, l’ouverture d’une section européenne anglais au lycée ;
– le développement de l’enseignement scientifique avec l’ouverture de l’Enseignement Intégré des Sciences et de la Technologie en 6ème et la mise en place des enseignements Sciences de l’Ingénieur et Sciences et Laboratoire en seconde;
– la mise en place d’un plan de formation aux nouvelles technologies auprès de quatre lycées de Kinshasa, en partenariat avec le service de coopération de l’ambassade de France.
Autant de projets qui tournent résolument René Descartes vers l’avenir et vers la réussite.

Emmanuelle Marqui
Photo: Archives Lycée français René Descartes