Yango : première biennale d’art contemporain de Kinshasa

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Le lancement d’une biennale ressemble un peu à celui d’un satellite. Même si tous les paramètres semblent avoir été vérifiés, contrôlés, il arrive parfois que des phénomènes imprévisibles viennent en perturber le bon déroulement à la dernière minute. Celui de « Yango » n’a pas échappé à cette règle. Le samedi 22 novembre, devant près de 200 invités, Rufin Bayambudila, ministre provincial des Mines, du Tourisme, de la Culture et des Arts a donc officiellement déclaré ouverte la première édition de la biennale d’art contemporain de Kinshasa dans les jardins de l’Institut français.
La galerie de l’Institut accueillait, à cette occasion, une exposition-panorama de la jeune génération d’artistes congolais parmi lesquels Bouvy Enkobo, Mega Mingiedi, Géraldine Tobe, Jean Katambay, Bienvenu Nanga ou Kura Shomali.
Mais le temps fort de cette manifestation fut sans conteste l’ouverture de l’exposition internationale au musée d’art contemporain de Limete devant près de 400 personnes.
Une ambiance bon enfant régnait ce soir-là sur la plateforme de l’échangeur de Limete, au pied de la grande tour de béton, construite dans les années Mobutu et aujourd’hui symbole de la ville.
Les invités commençaient tout de même à s’impatienter même s’ils avaient déjà admiré les œuvres présentées à l’extérieur du musée, notamment les deux portraits géants de jeunes Congolais réalisés par l’artiste suédois Nils Ramhoj ou l’installation de la plasticienne japonaise Keiko Sato, vision très personnelle d’un Kinshasa réinventé, hybride de jardin japonais et de jeux d’enfants sur la plage. Vers 19h30, les membres du comité d’organisation ont pris successivement la parole pour souhaiter la bienvenue au public. Une douzaine d’artistes africains (RDC, Nigeria, Zimbabwe, Cameroun, Burkina Faso), asiatiques (Japon, Chine, Afghanistan), européens (France, Belgique, Pays-Bas, Suède, Espagne) présentait leurs œuvres parmi lesquelles on remarquait d’emblée celle de l’artiste et architecte chinois Junfeng Jeff Ding, sorte de papillon de nuit géant.
Les sculptures de métal soudé de Freddy Tsimba, l’installation du Camerounais Guy Wouete, celle du Nigérian Bright Ugochukwu Eke, les peintures de jeunes Congolais comme Diamas ou Eddy Kamwanga, ou encore les peintures afghanes inspirées de miniatures persanes du peintre Khadim Ali s’imposaient aussi aux visiteurs. Belle surprise également, le défilé de mode organisé par les stylistes de l’ISAM au sein même du musée avec, cerise sur le gâteau, des costumes et robes afghans portés par des mannequins kinois.
Une belle manière de marquer le caractère réellement international de cette première édition très réussie, notamment grâce à l’audacieuse sélection de la commissaire artistique de Yango, Sithabile Mlostwa, directrice de la Fondation Thamgidi et directrice artistique de l’IFAA (festival pluridisciplinaire aux Pays-Bas) et au travail acharné des organisateurs congolais de la manifestation.

Christophe Roussin